Drôles de petites bêtes

Les abeilles et les bienfaits du miel

Au cœur de la ruche : le miel, délicieuse création,

Fascination

J’adore photographier les insectes en train de butiner ; le travail des papillons, des bourdons et des abeilles me fascine.

L’abeille est celle qui me fascine le plus en fait, reine de la nature à l’origine du miel, ce liquide couleur or qui accompagne l’homme depuis des siècles dans ses rites et coutumes, qui parfume ses mets et qui est un symbole à la fois de vie, d’abondance et de sagesse.

Ces drôles de petites bêtes du jardin

Il n’est pas toujours facile d’immortaliser ses petites bêtes en plein ouvrage, notamment le bourdon qui est un hyperactif.

Bourdon blond dans un bleuet

Bonrdon et abeille sur un allium

L’abeille est plus docile avec l’objectif, elle prend son temps, et quelle satisfaction lorsque j’arrive à obtenir un cliché avec l’une d’entre elles, les pattes pleines de pelotes de pollen 🙂

Abeille sur un allium

Abeille sur un dahlia

L’abeille, si précieuse !

Lorsque j’ai voulu en connaître davantage sur le miel et ses bienfaits, je me suis dit que la première des étapes, était de commencer par m’intéresser à celles qui le fabriquent : les abeilles !

Alors j’ai contacté mon oncle, apiculteur à ses heures perdues, pour étudier de plus près la fabrication du miel.

Je suis entrée au cœur de la ruche, où vit une colonie d’environ 50 000 individus, parfaitement organisés autour d’une reine qui, grâce à la « phéromone », règne en dictatrice sur ses filles et les faux bourdons.

Il a fallu attendre le bon moment pour observer la récolte, et ce fut le 24 août, la première récolte ayant eu lieu au printemps.

Campagne normande

Quelques précisions sur le travail des abeilles

Les abeilles, comme souvent les insectes volants et piqueurs, ont tendance à effrayer et on les embête rarement dans leur travail, moi la première ! Mais il fallait bien que j’aille les observer de près pour comprendre la façon dont elles fabriquent le miel.

Alors, je vous emmène donc essayer de comprendre et observer, un peu, ce merveilleux ouvrage.

Ruches avant récolte

Une fois les ruches installées, les abeilles, ou plutôt les éclaireuses, vont parcourir un rayon d’environ 3-4 km pour repérer les meilleurs points de floraison ou les arbres qui auront leurs colonies de pucerons dont les déjections seront butinées (miellat). Puis les butineuses prendront le relais. A partir de ce moment, les abeilles vont communiquer entre elles, odeur, tapotement d’antennes ou danse (en rond ou en huit), elles vont transmettre les meilleures localisations pour la source mellifère. Chacune effectuera entre vingt et cinquante voyages par jour.

Abeilles devant la ruche

Abeille butinant la lavande

Les butineuses aspirent le nectar des fleurs avec leur trompe (ou les déjections des pucerons), qu’elles régurgitent une fois arrivées à la ruche ; le nectar, qui a connu une première transformation dans le jabot de la butineuse, est transmis à d’autres abeilles qui vont l’absorber puis le régurgiter à nouveau (processus de trophallaxie). Les travailleuses vont l’étirer entre leurs mandibules afin d’en réduire l’humidité, puis elles le stockent dans les alvéoles.

Lorsqu’une alvéole est pleine, les ouvrières la referment avec une fine pellicule de cire.

La récolte

Tout ce qui se produit au sein de la ruche est le fruit d’un travail communautaire dirigé par la reine, âme et mère de la colonie. Chaque abeille a un rôle qui évolue durant sa courte existence (5 à 6 semaines) : cette petite ouvrière sera nourrice, architecte, ventileuse, sentinelle … butineuse à la recherche de précieux nectars. Les abeilles travaillent avant tout pour leur colonie et si elles ont accepté d’être domestiquées par l’homme, venir leur voler leur précieuse nourriture s’avère être une opération non sans risque !

Alors après avoir eu une formation rapide sur les bases de la récolte et un apprentissage strict sur les consignes de comportement à proximité d’une ruche, je suis partie avec mon oncle récolter le miel …

Barrière

Avant de débuter la récolte il faut un travail préparatoire, on ne peut s’improviser apiculteur, c’est un métier, qui demande un véritable savoir faire, ne serait-ce que pour pouvoir gérer les attaques de sentinelles agressives déterminées à protéger leur garde manger !!!

Aussi, lorsqu’on s’approche d’une ruche pour en récolter le miel, il faut être équipé :

  • Un enfumoir, électrique ou de type américain comme celui ci-dessous, à l’intérieur duquel mon oncle place du bois séché, des granules qui ont pour objectif de calmer les abeilles et un peu d’herbe sèche pour accentuer la fumée.

Enfumoir

Enfumoir

Une fois le matériel préparé, il faut se protéger et enfiler une combinaison complète, avec des élastiques bien serrés, afin d’éviter qu’une abeille téméraire ne se faufile le long de la jambe, enfin … surtout pour moi, qui n’avais pas l’habitude de m’approcher d’une ruche.

A la conquête du miel

La récolte peut ensuite commencer : il faut prévenir les abeilles que l’on va pénétrer dans la ruche et pour cela l’enfumage se fait en trois étapes.

  • Un premier enfumage au niveau de la planche d’envol permet de prévenir les abeilles
  • Puis un second par la trappe de nourrissage
  • Et enfin un dernier, une fois le toit enlevé, au dessus des cadres.

Enfumer l'entrée de la ruche

Enfumer le dessus de la ruche

Enfumer l'intérieur de la ruche

Une fois le toit de la ruche enlevé, l’on peut retirer les cadres de la hausse supérieure, ces derniers sont chargés de miel. Mais aussi d’abeilles, il faudra donc les balayer délicatement à l’aide d’une brosse à abeilles.

Lorsque l’on soulève le toit de la ruche, ce dernier est souvent « collé » avec de la propolis, matière résineuse utilisée par les abeilles pour colmater les fissures et consolider les cadres.

Propolis

Si l’enfumage n’a pas été suffisant, il faudra renouveler l’opération, mais pas trop, car si ce dernier calme les abeilles, en abuser les énerve ! ci-dessous, une vue avant et après un enfumage directement sur les cadres.

Enfumoir fumant

Sous la hausse supérieure, se trouve le couvain dont le miel représente la réserve personnelle des abeilles et qui ne sera pas récolté. Photographier cette partie de la ruche, fut pour moi une expérience extraordinaire : tout y était doré, le miel luisait au soleil et j’ai pu observer le travail de petites abeilles bien dociles malgré le fait qu’on leur volait le fruit d’un ouvrage acharné.

Abeilles au coeur de la ruche

Voilà, la récolte est terminée, maintenant il faut extraire le miel des cadres.

Le miel

Cadres de la ruche

Une fois les cadres retirés des hausses, il faut les désoperculer, enlever la fine couche de cire fabriquée par les abeilles afin de protéger le miel.

La cire est aussi précieuse pour les abeilles que pour nous, mais son exploitation étant devenue trop onéreuse comparée aux produits de substitution que l’on trouve dans le commerce, aussi elle est aujourd’hui délaissée.

Mon oncle la récupère et la place ensuite dans son jardin, et une fois nettoyée par d’autres abeilles, il la donne à un ébéniste, très content de pouvoir récupérer cette matière précieuse pour ses meubles !

Miel sur cadre

Mon oncle préfère le peigne à désoperculer pour enlever la cire ; le travail est plus long qu’avec un couteau électrique, mais plus minutieux.

Une fois la cire retirée, les cadres sont placés dans un extracteur (manuel pour mon oncle) pour en récupérer le miel.

Cette année, ce petit miel d’été toutes fleurs est très ambré !

Miel

 

La ruche regorge de produits précieux pour l’homme : propolis, pollen, gelée royale, cire … Mais c’est du miel dont je vais vous venter les vertus.

Le miel et ses bienfaits

Le miel fut longtemps le seul sucre connu utilisé par les hommes, mais il resta aussi longtemps un produit de luxe inaccessible à une grande partie de la population.

Avec les Grandes Découvertes, le sucre de canne fait son apparition au XVIe siècle et avec l’exploitation du sucre de betterave, le miel est progressivement délaissé.

Aujourd’hui, avec l’engouement pour les produits naturels, le miel, dont les vertus ne peuvent être égalées par le sucre classique, a retrouvé ses lettres de noblesse. D’ailleurs, son utilisation à la place du sucre blanc (calories vides), devrait devenir un réflex pour tous les avantages santé qu’il présente. Le miel peut être consommé froid dans un yaourt ou une salade de fruits, chaud dans un gâteau ou du thé … Ses utilisations sont multiples à condition d’en aimer le goût.

Miel

Différents miels

Pour bien choisir son miel, il faut apprendre à les distinguer ; de printemps ou d’été ils n’auront ni la même couleur ni la même texture ni la même saveur ; ceci, en fonction des fleurs (ou miellat) butinées par les abeilles.

  • Un miel de colza, celui que mon oncle produit au printemps (avec des fleurs de pommiers aussi :-)), sera de consistance plutôt solide à crémeuse, de couleur pâle voir blanc et avec une saveur très douce.
  • Le miel toutes fleurs d’été est plus doré et liquide, sa saveur est plus prononcée, très fruitée. J’ai eu la chance d’en avoir un pot tout frais ! directement après la récolte … Normalement, mon oncle attend une quinzaine de jours avant de le donner, afin qu’il se repose et que les éventuelles impuretés remontent à sa surface ; mais là il a fait une exception, il m’en a donné un pot et même après quinze jours après récolte, aucune impureté, un miel doré et limpide, excellent !!!

Miel d'été

 

Pour les autres miels, je ne vous parlerai que de ceux que j’ai gouté : celui de lavande, liquide, jaune pâle, et sa saveur est très douce et subtile, un régal. Le miel d’acacia, également liquide, doré et très doux. J’ai essayé le miel de romarin aussi, plus consistant et dont la saveur se rapproche de celui d’acacia. Mais il existe une grande variété de miels : de châtaignier, de thym, de bruyère, de citronnier … il faudrait tous les gouter pour découvrir toutes leurs saveurs !

Pour un bon achat, si vous ne connaissez pas d’apiculteur, préférez des miels achetés chez un petit producteur régional (AOC c’est plus sûr quand on ne connait pas l’apiculteur), dans une boutique familiale ou sur un marché, à condition que le stand ne fasse pas trop commercial … la plupart des miels vendus en France sont importés car la production s’est considérablement réduite, effet de l’agriculture moderne et des nouveaux goûts des consommateurs (miel d’oranger ou d’eucalyptus …).

Quant au miel « bio », il est plus rare car ses contraintes de productions sont draconiennes et surtout il est deux fois plus cher … Mais quand il obtient le label, soyez sûr qu’il sera bien certifié AB ; une abeille peut s’éloigner d’une dizaine de km de la ruche, mais son rayon de butinage restera en zone seine, car au delà de trois ou quatre km de la ruche, elle serait obligée de consommer du nectar pour rentrer, donc les réserves de la colonie …

Pots de miel

… solide ou liquide ?

La consistance, la couleur, la saveur du miel dépend des fleurs butinées et du moment de la récolte, au printemps ou en été.

A l’origine, tous les miels sont liquides  (la ruche est à 35°) et c’est au fil du temps qu’ils se cristallisent, plus ou moins rapidement. Le miel de printemps, de colza par exemple, va être crémeux voire solide assez rapidement et si vous voulez une texture plus liquide il faudra le réchauffer à feu doux au bain-marie (sans dépasser 40° car au delà le miel perd toutes ses propriétés) … Le seul miel qui reste liquide longtemps est le miel d’acacia, les autres vont progressivement devenir plus crémeux ; si votre miel reste liquide alors qu’il n’est pas d’acacia c’est mauvais signe, c’est qu’il aura été chauffé (plus de 50°) comme la plupart des miels bon marché de la grande distribution !

Il sera ensuite préférable de conserver votre miel dans un endroit frais et sec, de préférence à l’abri de la lumière et il faudra le consommer dans l’année si vous voulez qu’il conserve au maximum ses propriétés et la texture dans laquelle vous l’avez acheté, un miel liquide deviendra plus crémeux au fil du temps. Mais sachez qu’un miel ne pourrit pas et que vous pouvez garder votre miel plusieurs années …

Et les bienfaits du miel …

Le miel est un aliment magique, un concentré d’énergie, un médicament naturel et à chaque fleur sa spécialité.

Le miel de colza est reconnu pour ses vertus sur la circulation sanguine.

Celui de lavande pour son pouvoir antiseptique, cicatrisant et calmant (grâce à la lavande) ; il est également recommandé pour lutter contre les rhumatismes.

Deux abeilles sur la lavande

Le miel de romarin stimule les fonctions hépatiques et digestives. Il peut être conseillé aux asthmatiques.

Miel de romarin

Le miel de thym favorise le sommeil et il peut être indiqué pour lutter contre les maladies infectieuses, digestives et respiratoires. Il a également un pouvoir cicatrisant.

Le miel donne de l’énergie aux sportifs, avant et pendant l’effort : 80% de sucres majoritairement « simples » (fructose et glucose), directement assimilés par l’organisme, sans digestion et sans intervention de l’insuline ; ce qui permet de ne pas fatiguer le foie et le pancréas. Il est un dopant naturel !!

Dans une cuillère de miel on trouve plus de 200 substances différentes : acides aminés, protéines, enzymes, minéraux, vitamines … un vrai cocktail de bienfaits à prendre dès le début de la journée. Cette composition miraculeuse est due au mélange de nectar, pollen, propolis, cire et sécrétions des abeilles que l’on retrouve dans le miel.

Le miel ne peut se substituer à un médicament, mais pour des maux simples comme un mal de gorge ou un manque d’appétit, le miel soulage immédiatement et nous comble de ses vertus.

On ne peut se soigner d’une angine sans un médecin, mais à 2h du matin lorsque notre gorge est devenue un nid d’épines et que notre rendez-vous médical n’est que le lendemain, une cuillère de miel devient une source de soulagement miraculeuse.

Ceci n’est qu’un infime énoncé des vertus du miel, ses bienfaits sont multiples, tant pour la santé que pour la beauté ou la cuisine …

Contre-indications ??

Il est déconseillé de donner du miel aux enfants de moins de 1 an en raison du risque de botulisme. La flore intestinale des jeunes enfants n’est pas encore mature et ne peut filtrer une bactérie présente dans certains miels : le clostridium botulinum. Le botulisme est une maladie assez rare mais les jeunes enfants ne sont pas protégés contre la bactérie qui en est responsable.

Fleurs des champs

Enfin, les allergies au miel sont très rares mais elles peuvent concerner les personnes qui sont allergiques aux pollens d’astéracées ou composées (pissenlit, camomille, marguerites …).

 Voilà, j’espère que vous en connaissez un peu plus sur le miel et les abeilles … Pour ma part j’ai vécu une expérience unique au cœur de la ruche, ce fut un moment extraordinaire qui inspire le respect pour ces ouvrières du jardin, souvent malmenées par l’homme et ses méthodes d’agriculture productiviste … Protégeons les, sans les embêter … Les abeilles peuvent vivre sans l’Homme mais les êtres humains ne peuvent vivre sans elles. Sans abeilles une bonne partie des arbres fruitiers ne seraient plus pollinisés par exemple.

Moi

A bientôt pour de nouvelles aventures au jardin et ailleurs 🙂

Campagne normande

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4 Commentaires

  • Répondre
    Marilyne
    11 septembre 2016 at 22:03

    Très bel exposé ! il vient sans aucun doute d’enrichir ma culture générale et pousse parfois à la réflexion….
    Bravo et merci Nathalie pour ce travail.

    • Répondre
      Nathalie
      12 septembre 2016 at 06:34

      Merci Marilyne 🙂 cela a été une expérience inoubliable !! les abeilles sont si précieuses …

  • Répondre
    mesenviesaunaturel
    28 janvier 2017 at 17:38

    Très bel article avec de jolies photos.

    • Répondre
      Nathalie
      28 janvier 2017 at 18:42

      Merci beaucoup, j’ai vécu une super expérience et j’ai essayé de transmettre mes émotions dans mes photos … Je suis contente qu’elles vous plaisent. Belle fin de journée au naturel 😉

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